L'agence de presse américaine entend sévir auprès de ces acteurs du Web qui, selon les dires du président de l'AP, «piratent» ses contenus sans verser de contributions à l'agence.
Il y a quelques années de cela, les journaux avaient parti le bal en déclarant vouloir réagir face aux portails d'aggrégation qui reprenaient en tout ou en partie les contenus des quotidiens. On connaît le reste de l'histoire. Les journaux ont tranquillement évolué et que les acteurs concernés ont su trouver un fragile modus vivendi.
Or, il semble bien que la tourmente dans laquelle les quotidiens sont plongés aura comme conséquence de forcer les agences de presse à revoir leurs pratiques et leurs tarifs. Il faut dire que plusieurs quotidiens envisagent se désabonner des agences, et déjà , plusieurs sont même passés à l'acte. Et c'est pour venir en aide à ces quotidiens en péril, et aussi aider sa propre cause, que l'AP annonce une réduction de ses tarifs.
Du même souffle, le président de l'AP, William Dean Singleton, affirme «ne plus vouloir rester de marbre et regarder les autres bafouer notre travail avec des théories juridiques erronées. Nous sommes furieux et nous n'allons plus laisser faire. »
Dans la mire de l'AP, Google, Yahoo, mais aussi les blogues qui reprennent en tout ou en partie les contenus de l'agence de presse. Bref, Singleton favorise la mise en place d'un système de licences.
Mais tout n'est pas aussi simple que Singleton semble le croire, la survie même des agences se jouant sur ce terrain miné.
Alors, les agences doivent-elles et peuvent-elles se métamorphoser en en médias d'information? Si tel est le cas, c'est leur relation avec leur clientèle naturelle, les quotidiens, qui est alors compromise.
De son côté, Google affirme à qui veut bien l'entendre qu'une façon très simple d'empêcher les robots aggrégateurs d'indexer et de reprendre le contenu est d'inclure à la racine de leur site un simple fichier «robots.txt». Reste à savoir si les agences de presse ont les moyens d'empêcher le Dieu Google d'indexer leur contenu. Poser la question, c'est y répondre non?
par Michel Dumais
Que l'AP empêche Google d'indexer ses contenus sur son site c'est une chose, et ça se fait assez simplement comme vous l'avez si bien dit.
Cependant de forcer tous ses clients médias à en faire de même avec le contenu qu'ils achètent des agences de presse est en effet carrément illusoire. Il y aura toujours une fuite du contenu de ces agences sur des sites où l'indexation sera possible, et Google continuera tout bêtement à dire que ça n'est pas de sa faute.
Ce sera réellement une lutte passionnante.