Attraper des pédophiles et brasser de la m... ? C'est ça le journalisme?

Que le lecteur de BV! m'excuse de ce titre un brin sensationnaliste, mais il m'est impossible de passer sous silence cette annonce qui, disons le franchement, ne correspond pas avec l'idée que je me fais du journalisme. Mais qui sais, peut-être suis-je aussi dans le champ, à vous de me le dire.
J'ai toujours cru, à tort peut-être, que la recherche des faits était la mission première du journalisme. Les faits. Rien à voir avec la recherche de la vérité, et encore moins celle de se métamorphoser en justicier. Un bon journaliste n'est pas un justicier, et encore moins un prophète à la recherche de la vérité. Il n'est là que pour exposer les faits. Laissons aux chroniqueurs et aux éditorialistes le soin de nous révéler leur vérité.
Et d'excellents journalistes, il y en a, autant au Devoir, à la Gazette, à la Presse et au Journal de Montréal. Oui, même le Journal de Montréal sur lequel bien des collègues lèvent le nez, désolé, mais que je le lis aussi religieusement que le Devoir. La diversité de l'information, j'y crois. Et c'est en raison de cette diversité que, comme bien des gens, je me suis élevé contre la fermeture de la salle des nouvelles de TQS. On aura beau décrier le type de nouvelles que pratiquait TQS ou que publie le Journal de Montréal, mais je crois fermement que les journalistes qui font ces nouvelles sont pour la très grande majorité honnêtes et professionnels. Traitez-moi de naïf, mais je le pense sincèrement. J'ai beaucoup de respect pour ceux qui pratiquent ce métier, une profession dont la pratique est fortement remise en question par plusieurs blogueurs, mais surtout par le grand public en général. Quand tu constates que la cote de popularité de ta profession est équivalente à celle d'un vendeur d'autos usagées, on doit se poser des questions.
Tout ce préambule afin de vous laisser juger de cette annonce publiée sur le fil de presse CNW par le Journal de Montréal. Annonce qui, pour ma part, m'a choqué et me perturbe grandement.
« Attraper des pédophiles. Suivre la ministre des Transports, Julie Boulet. Révéler la facilité avec laquelle on peut travailler en anglais seulement dans les commerces du centre-ville de Montréal. Lever le voile sur le train de vie royal de Lise Thibault, à même les fonds publics. Infiltrer les zones interdites à l'aéroport Montréal-Trudeau. Filmer des voleurs de vélos. La vie des Raéliens. Les pires cours d'école... La preuve n'est plus à faire : Le Journal de Montréal se démarque de ses concurrents par ses enquêtes, ses dossiers et ses nombreuses primeurs.» CNW, Journalistes surnuméraires recherchés.
Est-ce cela le journalisme? Et vous les lecteurs, est-ce que cela correspond à votre vision de notre métier? M'insurgeais-je pour pas grand chose? Croyez-nous au contraire que cette annonce se veut un indice des maux qui affligent notre métier et qui font que sa pratique est remise en question? Maux qui font que nous devons viser qualité et crédibilité à tout prix? J'aimerais bien vous entendre la-dessus. Particulièrement les blogueurs qui aiment remettre en question la pratique de notre métier.
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Cécile Gladel commente aussi sur son blogue. Tout comme les journalistes Steve Proulx et Steve Faguy.






Vos commentaires
Attraper des pédophiles, filmer des voleurs de vélos, etc. Quand le journalisme se confond avec le métier de flic. Et quand le journaliste créée l'information plutôt que la rapporter, syndrome courant de bien des salles de rédaction. Enfin, que l'on recherche des fouille-merdes au Journal de Montréal n'a rien de très étonnant.
(Par ailleurs, l'estime portée à la nécessaire corporation des vendeurs d'automobiles d'occasion me parait désormais supérieure à celle accordée aux journalistes.)
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Je n'ai pas le culte du journalisme comme toi et je suis naturellement peu d'accord avec le journalisme d'enquête orienté en fonction du sensationalisme. Fouiller dans les poubelles n'aide pas à régler le problème à sa source.
Dans la même logique, s'en remettre uniquement aux faits ne débouche pas sur grand chose. C'est juste bon pour augmenter la confusion parce qu'il y a désormais trop de faits. Il faut savoir faire les liens entre les faits.
Aujourd'hui, tous les médias un peu sérieux ont la nouvelle de Google Chrome. Il y en a très peu qui analysent bien cette nouvelle. Les bonnes questions se posent actuellement en condensé dans Twitter. Les meilleures analyses vont paraître d'ici vendredi sur les blogues spécialisés. Ce ne sont pas nécessairement les plus fréquentés. Mais leurs conclusions hâtives ont des chances de l'emporter d'ici un an.
À ce niveau-là , je trouve que les blogues ont pris plus d'importance que la presse technologique établie dans la couverture technologique. Il y a plus de blogueurs qui twittent que de journalistes technologiques qui twittent.
En cette matière, je serais d'accord avec le projet Journalism that matters http://preview.tinyurl.com/29pc29 qui voit les blogueurs et les journalistes faire la jonction au bénéfice des débats qui en valent la peine.
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Je respecte énormément le journalisme. Ce métier est une vocation et nécessite beaucoup de courage. Il n'y a qu'à penser aux correspondants étrangers qui travaillent la plupart du temps dans des situations excessivement dangeureuses (Afghanistan, Iraq, etc..)
Je suis pour les dénonciations de scandale politique avec les $$$ des contribuables. Si le journaliste ne le fait pas comment savoir à quel point on se fait abuser. Juste a penser au Directeur général des élections de Mtl. qui se fait rénover des toilettes à 45K$. Le journaliste est la pour informer et dénoncer.
On ne parle pas des reportages de chat mort ici mais de vrai journalisme.
André Brière
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Je pense que le journalisme sort de sa mission première quand les *journalistes* se mettent à créer la nouvelle plutot que de la relater.
"Attraper des pédophiles. Suivre la ministre des Transports, Julie Boulet. Révéler la facilité avec laquelle on peut travailler en anglais seulement [...] Infiltrer les zones interdites à l'aéroport ..."
Ça ressemble beaucoup à de la fabrication de nouvelle, je trouve.
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Cette discussion me rappelle un commentaire ;-)
"Ouaip! C'est pas pour dire (...), mais y'a pas beaucoup de mouches qui volent dans le coin. La peur de l'enculade peut-être? ;-) "
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Il me semble que l'on mélange des pommes et des oranges, ici.
Pommes : l'existence d'un journalisme fouille-merde-paparazzi-touche-pipi qui existe depuis toujours, ou en tout cas depuis que le journalisme existe. On peut bien s'insurger contre cet état de fait, mais il n'est pas nouveau.
Oranges : la remise en question du journalisme par les blogues et les réseaux sociaux, qui vont parfois plus vite et souvent plus loin que les médias "trad".
De ce côté-là , je fais confiance aux couches supérieures de la profession journalistique pour rendre compte, se réjouir et accompagner la "libéralisation médiatique de l'individu et de la société civile" -- ça sonne chic, n'est-ce pas ? :)
Les blogues, les wikis, Twitter, le Web 2.0, toute ces formes d'expression née des technologies Internet ne sont pas d'essence journalistique. Elle sont d'essence sociale et médiatique et entrainent des conséquences multiples : économiques, juridiques, politiques, technologiques, scientifiques, éducationnelles, etc.
Elle ont forcément des conséquences sur la pratique journalistique, mais elles ne le remplacent pas. Elles la transforment et la complexifient, notamment. Elle l'enrichissent et lui ouvrent de nouveaux horizons aussi. Elle ont même le potentiel de la rapprocher des citoyens et de l'intérêt public, de faire contrepoids face à l'attrait de tous les pouvoirs, de tous les groupes de pression.
Bref, il n'y a pas ici de quoi faire une salade de fruit :)
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Heu...j'ai beau chercher, mais je ne vois pas où je parle de «la remise en question du journalisme par les blogues et les réseaux sociaux, qui vont parfois plus vite et souvent plus loin que les médias "trad".»
Tu pourrais m'indiquer où? Parce que le restant de ton argumentation ne tient pas.
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Bonjour à touStes.
Bien Mr Dumais !
Le fond y est... pas la forme ! (tout au moins pas pour un maudzit Francaou).
Et pourquoi parler seulement du journalisme Québecois (voire Canadien) ? Serait-ce donc un métier typique à vôtre beau pays ?
Je vous en prie, évitez de répondre "je ne parle que de celui que je connais".
Bonne fin de semaine à Vous
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Au-delà des journalistes-fouille-merde qui ne représentent, selon moi qu'une minorité - au même titre que les politiciens-véreux ou les fonctionnaires-paresseux-, il me semble qu'il faut aussi pointer du doigt les propriétaires et les pupitreurs qui décident de ce que nous allons lire, regarder ou écouter.
Mes deux constats à ce propos : 1) l'information est devenu un spectacle et 2) les salles de nouvelles rétrécissent si bien que les journalistes doivent produire à pleine vapeur et n'ont plus le temps d'aller en profondeur.
La listériose en aura été un parfait exemple. C'est à qui -les médias, pas les journalistes- ferait le plus peur au monde. Il aura fallu attendre aujourd'hui pour qu'on publie un article de Tommy Chouinard dans La Presse expliquant que la hausse des cas ne date pas d'hier (http://tinyurl.com/5fkvsr).
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Oui c'est ça le journalisme. À preuve quel est le journal avec le plus gros tirage au québec ?
C'est du moins le type de journalisme qui vends le mieux, et ce aux mains d'un empire qui contrôle une grande partie des médias.
C'est du moins l'un des types de journalisme, que je qualifierais de "commercial", et que je nommerais le potinage.
Après il y a le journalisme d'information, le journalisme d'opinion, les chroniqueurs et autres reportages internationaux, mais coté ventes, rien ne vaud le potinage. En plus il est moins cher à produire, il est en effet plus couteux d'envoyer quelqu'un sur le terrain ou de demander à un érudit de faire une recherche et un exposé sur un sujet particulier. De toute façon nous apportons tous notre contribution à l'aubole internet, qui est intéressé dès lors à acheter un journal qui contiendrait des informations auxquelles il a accès avec un abonnement qu'il paie déjà ?
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@MichelDumais qui a écrit ceci : « M'insurgeais-je pour pas grand chose? Croyez-nous au contraire que cette annonce se veut un indice des maux qui affligent notre métier et qui font que sa pratique est remise en question? Maux qui font que nous devons viser qualité et crédibilité à tout prix? J'aimerais bien vous entendre la-dessus. Particulièrement les blogueurs qui aiment remettre en question la pratique de notre métier. »
À la première question, j'ai cru bon (à tort ou à raison) de répondre oui. Quant à remettre la pratique du journalisme en question, je pense en effet que c'est nécessaire *en tout temps* -- pas pour le démolir, mais pour le faire évoluer avec son temps.
Par contre, j'ai peut-être fait un lien trop hâtif entre cette remise en question et l'émergence de la blogosphère. Si c'est le cas, veuillez accepter, cher Monsieur Dumais, mes plates excuses et l'assurance de mon amitié Facebook distinguée :)
Ami Calmant,
--
C.A.
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@MichelDumais qui a écrit ceci : « M'insurgeais-je pour pas grand chose? Croyez-nous au contraire que cette annonce se veut un indice des maux qui affligent notre métier et qui font que sa pratique est remise en question? Maux qui font que nous devons viser qualité et crédibilité à tout prix? J'aimerais bien vous entendre la-dessus. Particulièrement les blogueurs qui aiment remettre en question la pratique de notre métier. »
À la première question, j'ai cru bon (à tort ou à raison) de répondre oui. Quant à remettre la pratique du journalisme en question, je pense en effet que c'est nécessaire *en tout temps* -- pas pour le démolir, mais pour le faire évoluer avec son temps.
Par contre, j'ai peut-être fait un lien trop hâtif entre cette remise en question et l'émergence de la blogosphère. Si c'est le cas, veuillez accepter, cher Monsieur Dumais, mes plates excuses et l'assurance de mon amitié Facebook distinguée :)
Ami Calmant,
--
C.A.
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"L'information spectacle", n'est qu'un produit qui répond à un besoin morbide ressenti en long et en large dans notre société, celui de vivre par procuration en créant de "nouveaux héros" à chaque coin de rue. Il ne faut pas oublier que cet état de fait repose entièrement sur la demande et non sur l'offre. Si cela est plus intéressant pour un éditeur de publier du travail des fouille-merde, c'est tout simplement parce que ça vends plus de copies. La listeriose en est un bon exemple: "Plus que la merde est fraîche et plus que les gens en veulent, plus que les gens en veulent, plus que la merde est fraîche"...(merci Hygrade)
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