Une possible alerte à la bombe, des citoyens allumés et le plus important quotidien de Chicago branché sur Twitter : tous les ingrédients sont réunis pour une alliance citoyenne-média réussie. En autant que les principes de base du journalisme soit respectés.
L'histoire provient du site Poynter Online, mais elle vaut la peine d'être racontée, car elle illustre la possible puissance de la collaboration entre citoyens et journalistes.
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C'était un jour comme tant d'autres, et Jordan Glover profitait de son heure de dîner pour manger son lunch sur la place du Daley Center à Chicago, quand soudainement, celui-ci remarqua une activité inhabituelle en plus d'entendre quelques dames discuter de vies en danger.
Sans perdre une seconde, Glover appelle son collègue de travail, Jeff Smith, et lui demande s'il a entendu parler de quelque chose aux informations. Mais rien. Devant ce silence des médias, Smith lance un court message sur Twitter, histoire de voir si quelqu'un serait au courant de l'événement en cours.
Twitter. Connaissez-vous Twitter?
Si ce nom ne vous sonne pas de cloches, sachez que Twitter est un outil de «microblogging», permettant à l'utilisateur de signaler en temps réel à son réseau ce qu'il est en train de faire. La particularité des messages envoyés par Twitter : ils sont courts et ne peuvent pas faire plus que 140 caractères. Plusieurs, comme votre chroniqueur, y voient une ressemblance avec les «backchannels» d'autrefois sur IRC qui permettaient à une communauté de s'échanger des messages en temps réel.
En moins de deux, la nouvelle qu'un événement inhabituel se déroule sur la place du Centre Daley se répand comme une traînée de poudre sur le réseau Twitter et se rend ainsi jusqu'au «Colonel Tribune», l'utilisateur créé par le Chicago Tribune pour être à l'écoute d'un réseau de 800 personnes toutes inter reliées entre elles sur Twitter, tout en y publiant régulièrement des bribes d'informations. Mais c'est aussi une façon pour le Chicago Tribune de continuer à imposer sa marque de commerce (brand) sur Internet.
Bref, en moins de 20 minutes, et ce grâce à la collaboration entre citoyens et journalistes, une première nouvelle faisait son apparition sur le site du Tribune, le quotidien battant ainsi à plate couture ses concurrents.
L'histoire se termine t-elle ici? Non, pas du tout. Le «Colonel Tribune» a remercié officiellement sur Twitter Glover et Smith pour leur travail et leur collaboration.
Cela dit, on peut quand même se poser des questions sur ce «succès». Nulle part dans l'article du Poynter Online, avons-nous vu les journalistes du Chicago Tribune valider leur information. Se sont-ils fié uniquement aux messages Twitter?
Si tel est le cas, n'ayons pas peur de dire que ce succès aurait pu être un monumental échec. D'ailleurs, le simple fait qu'une nouvelle soit publiée sur la base d'un ou de plusieurs messages Twitter sans validation va à l'encontre des principes de base du journalisme.
Mais à l'inverse, si l'information rapportée sur Twitter fut validée d'une quelconque façon, soit par une ou plusieurs autres sources ou la présence d'un journaliste sur les lieux de l'événement alors, on peut véritablement parler d'une collaboration fructueuse entre citoyens et journalistes, la technologie aidant à connecter les deux univers.
Mais cela, malheureusement, le Poynter Online ne le dit pas. Mais on peut voir en Twitter une autre source d'information pour les quotidiens et les médias électroniques. Pourquoi pas un utilisateur Twitter RDI? SRC? TVA? LCN? Ainsi que la Presse, le Devoir ou le Journal de Montréal? Puisque de toute façon, les médias demandent déjà aux citoyens d'être leurs yeux et leurs oreilles?
par Michel Dumais
La CBC a un utilisateur twitter http://twitter.com/cbcnews mais elle ne s'en sert que pour diffuser les dernières nouvelles.
Merci Sylvain