Médias en ligne: modèles d'affaires recherchés
On compte de plus en plus de journalistes qui tentent leur chance sur Internet en espérant y trouver la recette du succès. La revue française Médias s'est penché sur la question.
Gratuité, abonnement ou modèle mixte? La presse en ligne française se pose la question et met à l'épreuve différents modèles d'affaires. Le magazine français Médias, dans son 16ème numéro, examine de plus près les nouveaux sites d'informations mis en ligne par des journalistes ayant décidé d'embrasser la fée Internet.
Rue89: gratuité. Médiapart et Arrêt sur images: abonnement. Bakchich: mixité avec à la fois la gratuité sur le Web et contenus à valeur ajoutée pour les abonnés. Trois modèles différents, trois modèles qui peuvent éventuellement fonctionner.
Pour les sites qui offrent leur contenu gratuitement, la question ne se pose même pas. La publicité se taille la part du lion quand aux revenus avec en tête, un million de visiteurs, le chiffre qui permettrait par exemple à Rue89 d'équilibrer ses comptes. De dire son fondateur Pierre Haski, Rue89, qui en ce moment affiche au compteur 450 000 visiteur, devrait franchir le chiffre magique du million à la fin 2008. Et par la suite, la rentabilité et les profits. En attendant le grand jour, Rue89 se lance dans la prestation de services avec la conception de sites, dont celui de Bibliobs du Nouvel Observateur.
Du côté de Médiapart et Arrêt sur images, on nage à contre-courant du modèle en vogue, soit la gratuité, en proposant aux lecteurs une information différente contre un abonnement, mensuel dans le cas de Médiapart, annuel pour ce qui est d'Arrêt sur Image. Pour François Bonnet, directeur éditorial de Médiapart, réfute l'affirmation selon laquelle «tout est gratuit sur Internet« en citant plusieurs articles et dossiers parus dans le Courrier International et The Economist. «Moins qu'un pari, c'est une forte conviction que les gens sont prêts à payer pour une information de qualité.»
Quoi qu'il en soit, Médiapart bénéficie d'environ deux années pour prouver la pertinence de son modèle, en raison d'une première ronde de financement ayant permis de lever 3,2 millions d'euros, de quoi assurer le salaire de la trentaine de journalistes recrutés par le média en ligne.
Du côté de Bakchich.info, on joue à la fois la carte de la gratuité, et de l'information à valeur ajoutée pour les abonnés. L'accès aux informations du site Web est gratuit, mais l'abonnement annuel de 35 euros permet aux abonnés de recevoir une parution hebdomadaire avec à la clé, compléments d'information et dévoilement des enquêtes en cours. Et qui sait, dans le futur, cet abonnement pourrait aussi donner accès à des dossiers spéciaux ou thématiques.
Julien Jacob, cofondateur du magazine Obiwi, tente l'expérience du gratuit, mais ne se cache pas pour dire que «le secret de la pub, c'est d'avoir de petites niches». Normal quand les contenus de son magazine en ligne traitent de mode, décoration & design, tourisme, sports, culture, saveurs et famille. Bref, d'ici deux à trois années, Jacob vise la rentabilité avec 70 personnes, 5 millions de visiteurs uniques et un chiffre d'affaires de 11 millions d'euros.
Et quel sera le verdict des lecteurs face à ces nouveaux médias et leurs différents modèles économiques? Rendez-vous dans deux ans pour le savoir. Comme l'affirme avec justesse Sophie Blitman, l'auteure de l'article, «deux inconnues détermineront l'avenir de ces nouvelles expériences: la réaction des publicitaires et celle des lecteurs dont on ignore encore s'ils sont vraiment prêts à payer et pour quelle information.»
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En complément d'information, nous vous suggérons fortement la lecture de cet article de Sophie Blitman qui a inspiré ce billet, article publié dans le seizième numéro de la revue Médias, encore en kiosque à Montréal.








